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Université Bordeaux 2 CHU de Bordeaux INSERM
Département Hospitalo-Universitaire de Pharmacologie de Bordeaux
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Liste des substances psychoactives


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[0-9]

4-méthylthioamfétamine
Drogue de synthèse. Des comprimés de 4-méthylthioamfétamine sont apparus en 1997 sur le " marché " européen (d'abord au Royaume Uni, en Belgique, aux Pays Bas, puis en Espagne et en Allemagne) puis en Australie. Très vite quelques décès après utilisation sont survenus (produit très neurotoxique entraînant la mort par convulsions).
Statut : psychotrope , tableau I, sous contrôle international.
Autres noms : 4-MTA, p-MTA, S5, S5,, 5 pt Star, MK, flatliners.

A

acide lysergique
hallucinogène, du groupe des indoles.
Il s'agit de la substance type à activité hallucinogène : le plus utilisé est le LSD25 (une autre forme, le LSD49 a été mis au point dans les années 90).
Historique : L'acide lysergique 25 a été identifié en 1937 par Walter Jacobs et Lyman Craig à New York et synthétisé en 1943 par Albert Hoffman, qui travaillait dans les Laboratoires Sandoz. L'acide lysergique est la version synthétique d'une toxine de l'ergot, moisissure qui parasite les céréales, en particulier le riz, le blé et le seigle. (Les dérivés synthétiques de l'ergot de seigle ont de nombreuses applications thérapeutiques ; les dérivés naturels de l'ergot de seigle, déjà connu dans la Grèce antique, ont été responsables de plusieurs épidémies d'ergotisme ou feu de Saint Antoine en Europe).
Présentation : Il se présente sous forme de cristaux qui sont dissous dans l'alcool pour obtenir une solution. C'est un produit très actif à dose infime : une goutte de solution est posée ou séchée sur un support à sucer (il est présenté le plus souvent sur un buvard ou sur un morceau de sucre).
Utilisation Popularisé par Timothy Leary (médecin anglais) l'utilisation du LSD s'est répandue dans les années 60 en Europe et en Amérique du Nord avec le mouvement hippie. Il est essentiellement fabriqué clandestinement en Californie, dans la région de San Francisco.
Effets : Les effets apparaissent rapidement (15 mn à 1 heure après ingestion) et durent 6 à 8 heures. A faible dose (25 à 50 microgrammes), l'acide lysergique est surtout excitant, à forte dose (150 à 300 microgrammes), il est hallucinogène. Une tolérance apparaît très rapidement : en quelques jours, 300 microgrammes n'entraînent plus d'effet hallucinogène. Il peut y avoir une tolérance croisée avec la mescaline et la psilocybine.
Statut : psychotrope , tableau I, sous contrôle international.
Autres noms : A , Abyssinian tea, Alice, acid, acide, animal, angel tears, barrels, Bart Simpson, battery acid, beast, Bevis & Butthead, big D, big Daddy, black acid, black star, black sunshine, black tabs, blaze, blotter, blotter acid, blotter cube, blotters, blue acid, blue barrels, blue chairs, blue cheers, blue fly, blue heaven, blue microdot, blue mist, blue moons, blue vials, boat, brown bombers, brown dots, buvard, cachet, California sunshine, chief, Chinese dragon, cid, coffee, conductor, contact lens, crackers, cubes, cupcakes, D, deeda, doms, dose, dots, double dome, estrella, fields, flash, flat blues, fry, gel, ghost, golden dragon, grape parfait, hats, hawks, haze, Hawaian sunshine, headlights, heavenly blue, illusion , instant zen, L, La Souris Déglinguée, lens, lime acid, LL, logor, LSD, Lucy in the Sky with Diamonds, lysergide, mellow yellow, microdot, mind detergent, one-way, optical illusions, orange barrels, orange cubes, orange micro, orange wedge, Owsley, Owsley's acid, pane, paper acid, pearly gates, pink blotters, potato, pure love, purple barrels, purple flats, purple haze, purple ozoline, pyramid recycle, royal blue, Russian sickles, sacrament, Sandoz, sheet rock, star, strawberry fields, sugar, sugar cubes, sugar lumps, sunshine, superman, tabs, ticket, trips, twenty five, Victor Mature, vodka acid, wedding bells, wedges, white lightning, window pane, yellow dimples, zen.
amineptine
Médicament utilisé comme antidépresseur (traitement de la dépression). N'est plus commercialisé depuis 1999, en raison de nombreux cas d'abus et de dépendance. Nom de spécialité : Survector®.
Autre nom : Victor.
amobarbital
barbiturique.
Statut : psychotrope , tableau III, sous contrôle international.
Nom de spécialité : Eunoctal®.
Autres noms : blue angels, blue birds, blue bullets, blue devils, blue dolls, blue tips.
amphétamines et apparentés
Historique : La première amphétamine a été synthétisée en 1935 par Gordon Alles. Les premières applications médicales ont été le traitement de l'hypotension artérielle. Elles ont été utilisées pendant la 2nde guerre mondiale par les armées américaine, britannique, allemande et japonaise. L'abus d'amphétamines a commencé à Hawaï et s'est très vite répandu dans les années 60.
Présentation : Classiquement prises par voie orale, depuis le début des années 80, elles sont souvent fumées, parfois inhalées (sniffées) ou injectées par voie intraveineuse. Utilisées pour le speed qu'elles entraînent. Des dérivés proches des amphétamines, utilisés en thérapeutique comme anorexigènes (ou coupe-faim) dans le traitement de l'obésité, ont entraîné de nombreux cas de dépendance. En 1995, ils ont été très réglementés en France, avec une prescription possible uniquement par des médecins de certains services hospitaliers et pour une durée limitée à 3 mois (en raison de la survenue possible d'hypertension pulmonaire, maladie cardio-pulmonaire gravissime). En 1997, deux de ces anorexigènes, la fenfluramine (Pondéral®) et la dexfenfluramine (Isoméride®), ont été retirés du marché mondial en raison d'atteintes des valves cardiaques.
Statut : la plupart des amphétamines ont le statut de stupéfiant (dexamfétamine, métamfétamine, etc.).
Autres noms : 357 magnums, aimies, amp, amphés, amphets, bambinos, B-bombs, beans, bennies, benz, bernies, Billy, birds, black beauties, black hollies, black mollies, black & white, black birds, black bombers, blacks, blue boy, bombido, bottles, brainticklers, brownies, browns, bumblebees, cartwheels, chicken powder, co-pilot, crank, crisscross, crosses, crosstops, crossroads, crystal, debs, dexies, diamonds, diet pills, dominoes, double cross, fastin, fast balls, fives, football, forwards, French blue, glass, go, greenies, hearts, horse heads, hydro, ice, jam Cecil, jolly beans, jugs, LA glass, leapers, lightning, marathons, meth, oranges, peaches, pep, pep pills, pink hearts, pixies, quartz, rhythm, rippers, road dope, roses, rose quartz, shabu, snot, snow pallets, speed, splash, splivins, supercrank, sweets, TR-6s, truck driver, turnabout, uppers, uppies, ups, wake ups, white(s), whizz, Xmastrees, yellow rock.
ayahuasca
Terme désignant à la fois une plante et une boisson composée de deux plantes au moins, dont l'ayahuasca. C'est un hallucinogène.
La plante : il s'agit de Banisteriopis caapi, liane géante, de la famille des Malpighiaceae, utilisée depuis des siècles (les premières traces de son utilisation remonteraient à environ 2500 ans) au Pérou, en Equateur, Colombie, Bolivie, au Brésil (Nord-Est) et dans le delta de l'Orénoque. B. Caapi contient des bêta-carbolines : harmine, harmaline et tétrahydroharmine, inhibiteurs réversibles de la mono-amine oxydase (MAO).
La boisson : il s'agit d'une boisson préparée le plus souvent à partir d'un mélange de deux plantes au moins.
Présentation : Le mode de préparation varie selon les lieux : infusion à froid ou à chaud, macération, etc. Le mélange le plus traditionnel est composé de Banisteriopis caapi et d'une plante contenant de la diméthyltriptamine (DMT) : chacruna (Psychotria viridis) au Pérou, oco yagé ou chaliponga (Diploterys cabrerana ou Banisteripsis rusbyana) en Equateur et Colombie, jurema (Mimosa hostilis) au Brésil, etc.
Effets : L'absorption de cette boisson entraîne d'abord des effets digestifs violents peu de temps après l'ingestion (vomissements, diarrhée), puis des effets hallucinogènes d'une durée de plusieurs heures.
Autres noms : amarron huasca, aso-yajé, ayahuasca amarillo, ayahuasca blanco, ayahuasca negro, ayahuasca trueno, ayawasca, beji-yajé, bejuco bravo, bejuco de oro, bi'-à-yahé, caapi, cielo ayahuasca, Daime, datém, ga-tokama-yai-yajé, hamo-weko-yajé, horo-yajé, inde huasca, iona, ka-hee', ka-hee-riama, kahi-somoma', kahi-vaibucuru-rijoma, kaju'uri-kahi-ma, kamalampi, kamarampi, kido-yajé, kuma-basere, kwi-ku-yajé, la purga, mado, mado bidada, mene'-kaji-ma, mi-hi, mii, myoki-buku-guda-hubea-ma, natema, nea-yajé, népe, nepi, nishi, nixi, nucnu huasca ,oni, oo-fa, pae, pindé, punga huasca, rambi, rami-wetsem, sese-yahé, shillinto, shimbaya huasca, shuri, shuri-fisopa, shuri-oshinipa, shuri-oshpa, sia-sewi-yahe, sise-yajé, so'-om-wa-wai-yajé, tsipu-makuni, tsiputsueni, tsipu-wetseni, usebo-yajé, wai-buhua-guda-hebea-ma, wai-bu-ku, kihoa-ma, wai-yajé, wati-yajé, weki-yajé, weko-yajé, wenan-duri-guda-hubea-ma, xono, yagé, yai-yagé, yai-yajé, yaiya-suana-kahi-ma, yaiya-suava-kahi-ma, yajé, yajé-oco, zi-simi-yajé.

B

barbituriques
Médicaments de synthèse, sédatifs, utilisés en médecine depuis le début du siècle comme sédatifs, hypnotiques, anesthésiques généraux et dans le traitement de l'épilepsie.
Historique : L'acide barbiturique a été synthétisé en 1864 par Adolf von Bayer. Le nom viendrait du fait qu'il a été découvert le jour de la Sainte Barbara. Le barbital a été mis au point par von Mering, Fischer et Dilthey et commercialisé en France en 1903 par Bayer sous le nom de Véronal®. Dans les années suivantes, plusieurs autres molécules du groupe des barbituriques ont été mises sur le marché : phénobarbital, butobarbital (Sonéryl®), amylobarbital (Amytal®, Pernocton®), quinalbarbital (Séconal®), pentobarbital (Nembutal®), hexobarbital (Epivan®), thiopental, méthoxytal (Briétal®). Les barbituriques ne sont plus guère utilisés aujourd'hui en thérapeutique dans le traitement des troubles du sommeil, mais gardent une place –aujourd'hui contestée - dans le traitement de l'épilepsie (phénobarbital) et surtout en anesthésiologie.
Utilisation : Lors de détournement, ils sont utilisés par voie orale ou injectés par voie intraveineuse. Ils sont le plus souvent associés à d'autres produits (alcool, excitants, etc.).
Autres noms : bambs, barbies, barbis, barbitos, barbs, busters, candy, Christmas rolls, double trouble, downers, downies, downs, goofballs, hay back, idiot pills, King Kong pills, peanuts, rainbows, strawberries, stoppers.
benzodiazépines
Substances utilisées en médecine comme hypnotiques (pour le traitement de l'insomnie), comme anxiolytiques (pour le traitement de l'anxiété), comme myorelaxants (pour le traitement des contractures musculaires), comme anticonvulsivants (pour le traitement de l'épilepsie). Dans les années 60, au début de leur utilisation en médecine, ce groupe de médicaments était considéré comme peu dangereux et très bien toléré, par comparaison, notamment dans le traitement de l'insomnie, aux médicaments disponibles jusqu'alors (notamment barbituriques et hydrate de chloral). Très vite, la survenue de cas de dépendance a entraîné la remise en question de leur réputation d'innocuité. La consommation de benzodiazépines, particulièrement en France, est tout à fait considérable ; dans le cadre d'un détournement, les benzodiazépines sont généralement ingérées par voie orale, mais elles sont parfois injectées par voie intraveineuse. Une trentaine de molécules sont utilisées, mais toutes ne sont pas commercialisées en France.
Autres noms : benzos, blue bomb, blue heavens, tranks.
(voir aussi chlordiazépoxide, diazépam, flunitrazépam, témazépam)
brolamfétamine
hallucinogène du groupe des phénylalcoylamines.
Statut : psychotrope , tableau I, sous contrôle international.
Autres noms : DOB, gold eagle, flatliners.
buprénorphine
opiacé (agoniste-antagoniste) synthétisé en 1968 ; utilisé en médecine, par voie sublinguale, dans le traitement de la douleur (Temgésic®) et dans le traitement de substitution de la dépendance aux opiacés (Subutex®) ; c'est surtout en France que l'utilisation dans cette dernière indication s'est développée. La buprénorphine est parfois détournée et injectée par voie intraveineuse.
Statut : psychotrope , tableau III, sous contrôle international.