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Le jus de pamplemousse et le cytochrome P450

Sélection INFOS mai 2000 (numéro 23)

 

Nous avions déjà parlé de l'effet du jus de pamplemousse sur le cytochrome P450, voie de passage métabolique de nombreux médicaments (voir Infos, Juin 1997). Il n'est peut être pas inutile d'en reparler, car les interactions potentielles semblent assez largement méconnues.

Trop souvent en effet, on oublie qu'une interaction ne survient pas uniquement entre deux médicaments : elle peut également survenir entre un médicament et un aliment. Ces interactions aliment-médicament ne figurent pas forcément dans le supplément Interactions médicamenteuses du dictionnaire Vidal, LA référence habituelle dans le domaine (voir plus loin).

Le jus de pamplemousse, qu'il soit industriel ou préparé à la maison, est un inhibiteur enzymatique du CYP3A4 (isoenzyme du cytochrome P450). La substance responsable serait la naragénine. Des interactions qui peuvent avoir des conséquences cliniques peuvent survenir avec divers médicaments : benzodiazépines, ciclosporine, cisapride, etc. Le jus de pamplemousse ne semble mentionné dans le supplément Interaction du Vidal que pour le saquinavir (Invirase°).

Après des campagnes d'information répétées pour que les français prennent enfin un petit déjeuner et que celui-ci soit équilibré, le jus de fruit a très souvent été adopté : attention aux malades traités par des médicaments utilisant la voie métabolique du CYP3A4. Mieux vaut recommander dans ce cas le jus d'orange et déconseiller le jus de pamplemousse. Dans tous les cas, devant un tableau de surdosage inexpliqué, penser à interroger sur les habitudes alimentaires.

Françoise Haramburu

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